Des origines à Bouteflika
Un pays, un peuple, pas encore une nation


JP Duclos Aprico, originaire de Haute-Marne, a vécu toute son adolescence en Algérie (Bône) où son père est fonctionnaire de Police (1950-1959), puis fait ses études à la faculté de droit de Dijon. Pied-Noir de cœur et d’engagement, on lui refusera de servir en Algérie.
Par ce document, parfois provocateur, il veut faire connaître aux Pieds Noirs( mais aussi aux métropolitains et algériens prisonniers d’une histoire gaullienne ou révolutionnaire), leur histoire et la fin inéluctable de leur Algérie, victimes d’un système inégalitaire qu’ils n’ont pas eux-mêmes construit, mais qui leur a convenu, que leurs élus ont contribué à maintenir au nom de leurs intérêts et victimes d’une image de colonialistes colportée par le contingent et l’intelligentsia métropolitaine durant les années de guerre.
L’Algérie actuelle, celle de Bouteflika, n’est pas la leur, ils n’ont à cet égard rien à regretter, mais à l’époque ils auraient du connaître le passé de leur pays et non se contenter d’acquis illusoires construits sur le mythe de la conquête et la supériorité qu’elle leur conférait. Ils n’ont pas entendu et encore moins suivi les propositions de bon sens et visionnaires d’un Napoléon III qui voulait faire de l’Algérie un royaume arabe, ils n’ont pas suivi ni entendu un Ferhat Abbas dont le « Manifeste » proposait une Algérie indépendante dans la France, ils n’ont pas suivi et encore moins entendu un des leurs, Albert Camus, qui dénonçait la misère et l’injustice, porte voix d’un fédéralisme à la française…

  Ce manuscrit retrace l’histoire d’un peuple de la période phénicienne à Boutéflika…peuple qui ne s’est jamais autant réalisé et intégré que sous domination étrangère, phéniciens, romains, vandales, byzantins, arabes, turcs et français (ils n’ont laissé que peu de grands hommes cependant). En réalité les PN ont été les victimes d’une politique  parisienne changeante au gré des gouvernements, dont parfois il ont tiré les ficelles sans en maitriser les commandes.

L’appel à de Gaulle, qui agissait dans l’ombre, a permis à ce dernier de revenir au pouvoir après 12 années d’exil et de pénitence.Il ne pardonnera pas l’empathie des PN pour Pétain et Giraud, ce dernier ayant maintenu et organisé une armée dont il va s’emparer, aussi il les lâchera lamentablement en 1962 avec les Harkis…

   La guerre d’Algérie a été longuement disséquée par d’autres, aussi ce document ne s’attache qu’à certains aspects de cette guerre, la torture, les massacres, les porteurs de valise, l’action des SAS, le sort des Harkis, le retour et l’accueil des PN en France…
   De Ben Bella à Boutéflika l’indépendance du pays a été confisquée par une armée et un pouvoir
corrompus (parfois avec notre complicité), qui n’ont cessé d’attiser les passions pour faire oublier au peuple algérien qu’il est enfermé dans un système archaïque et de corruption, un régime policier où la presse et les jeunes sont muselés, un champ clos de tortures et de massacres (250 000 morts et 50 000 disparus depuis 1992) au nom d’ appétits démesurés pour le pouvoir et l’argent de la manne pétrolière, avec parfois la bienveillante neutralité de la France
Les jeunes algériens, eux, ne rêvent que de partir pour venir gonfler nos banlieues (et nos prisons) où ils vont continuer à cultiver leurs différences avec notre bienveillance, usant de tous nos acquis mais refusant toute intégration au nom d’un djihad permanent prônant la haine et l’intolérance contre l’occident.Ils ne sont certes pas majoritaires, mais agissants .Chacun sait que les minorités bardées de certitudes sont plus efficaces que les majorités silencieuses .…Le printemps d’émancipation des peuples arabes de Tunisie, d’Egypte, du Yemen, de Syrie, de Libye, du Maroc… n’a curieusement pas vraiment touché l’Algérie où le peuple est bâillonné.… jusqu’à quand ?

  On pourra cependant se poser la question de savoir ce qu’on appelle le « printemps arabe » ? Le parti islamiste majoritairement élu en Tunisie, le régime de la charia envisagé en Libye, la montée de l’islamisme et le massacre des chrétiens en Egypte, n’est-ce pas plutôt la manifestation du retour à l’hiver des archaïsmes ?

  Ce document a nécessité plus de cinq années de travail et de recherches au quotidien. Il a été communiqué, à partir du livre II, au fur et à mesure de son état d’avancement, à différents acteurs de la guerre d’Algérie, militaires, harkis, algériens, Pieds Noirs et anciens membres de l’OAS. Les opinions émises n’engagent que l’auteur, qui assume. Photos et cartes, pour partie personnelles ou inédites, accompagnent le manuscrit.

   De la Berbérie à L'Algérie